Musiques Innovatrices
21e édition / Saint-Etienne / du 26 au 29 mai 2011
Fin d’une époque ou début d’un nouveau cycle ? L’hiver de la culture, pour s’en référer au titre d’un ouvrage récent de Jean Clair, occulte, quand elle ne fait pas passer à la trappe, des initiatives dont on ne cherche même plus à comprendre le sens. A en juger par l’indifférence ou le peu de perspicacité dont font preuve ses administrateurs à l’égard de la création authentique. Bien que ce fatras du bon chic bon genre ou du franchement n’importe quoi nous fasse craindre le pire, une fois encore persistons-nous à mettre l’accent sur des expressions artistiques ne cherchant pas à divertir mais à connecter notre écoute sur le monde et ses métamorphoses. Si les moyens nous sont lentement mais sûrement ôtés (la punition du vilain petit canard, sans sentiment de persécution ajouté, a été reçue cinq sur cinq), ni la donne ni l’ordonnance ne changent cette année : un lieu magique et une programmation aventureuse mêlant découvertes et le retour de vieilles connaissances le temps d’un week-end intense. Une alternative que nous espérons entendue et à laquelle il est impératif de répondre présents.
Bruno Meillier
Ce carrefour des musiques d’aujourd’hui n’a pas seulement permis la venue de compositeurs, interprètes et groupes musicaux contemporains internationaux parmi les plus pertinents. Le Festival des Musiques Innovatrices est, au fil des ans, devenu un temps fort de la culture pour Saint-Etienne et sa région. Son indéniable originalité et l’intérêt que lui ont accordés le public et les médias depuis sa création ont fini par consacrer ce festival “autre” à l’étranger comme dans notre hexagone. Proposant, avec une exigence de qualité et une rigueur dans ses choix, une musique créative, ébouriffante (rarement entendue ailleurs), les Musiques Innovatrices ont su occuper un vrai créneau.
Le Festival a été créé en 1987 à la Maison de la Culture de Saint-Etienne, depuis passée Opéra-Théâtre. La direction artistique en fut confiée à Bruno Meillier, lui-même musicien au parcours à cheval entre plusieurs styles (jazz, rock, musiques improvisées). Grâce au travail effectué depuis plus de deux décennies, l’organisation “Toto N’aime Pas La Soupe”, constituée de mélomanes et de musiciens résidant à Saint-Etienne et dans sa région a effectué un travail de terrain important (stand d’information, accueil des festivaliers venus de l’extérieur, vente de disques, organisation de petits concerts, expositions, forums durant l’année...) dès 1990.
A partir de 1997, les nouvelles éditions des Musiques Innovatrices s’inscrivirent dans “Art dans la Ville”, temps fort d’expositions dévolu aux arts plastiques. L’interaction s’avéra fructueuse permettant circulation des idées et de nouveaux publics. Performances, installations sonores, diffusions et concerts se retrouvèrent “éclatés” dans des contextes inhabituels (musées, galeries d’art, friches industrielles, ateliers d’artistes, bars, etc). A la suspension d’“Art dans la Ville” en 2005, le Festival s’ancra au Musée de la Mine, lieu “chargé d’histoire et de mémoire” de la Ville de Saint-Etienne, propre à fournir un cadre original aux concerts.





